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Silhouette d'une main glissant un bulletin dans une urne
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Élections en Israël 2026 : comment ça marche et comment voter quand on est Olé ?

25 octobre 202614 min de lecture

Mardi 27 octobre 2026, environ 7,3 millions d'Israéliens sont appelés à élire les 120 députés de la 26e Knesset, parmi 38 listes. Si vous êtes citoyen, âgé de 18 ans et inscrit au registre électoral, vous votez comme n'importe quel Israélien : une pièce d'identité avec photo, une enveloppe, un bulletin, et c'est fait. Mais pour comprendre ce que votre bulletin va réellement peser, il faut savoir trois choses : on vote pour une liste et non pour une personne, une liste sous 3,25 % n'obtient rien, et le vrai gagnant est celui qui réunit 61 députés, pas forcément celui qui arrive en tête. Voici tout, de A à Z.

Il y a quelque chose de particulier à voter pour la première fois dans le pays qu'on a choisi. Pour beaucoup d'Olim, c'est le moment où l'Alya cesse d'être un projet pour devenir une citoyenneté pleine et entière : on ne regarde plus la politique israélienne de l'extérieur, on y participe.

Et l'enjeu n'a rien d'abstrait. La Knesset qui sortira des urnes votera les budgets qui financent l'Oulpan et les aides à l'intégration, fixera la fiscalité de vos revenus, débattra du service militaire, du logement, du coût de la vie et de la place de la religion dans l'espace public. Autant de sujets qui touchent directement le quotidien d'un nouvel immigrant.

Le problème : le système électoral israélien ne ressemble à aucun autre. Pas de candidat local, pas de second tour, des coalitions qui se nouent après le vote, des bulletins identifiés par des lettres hébraïques… De quoi dérouter même les électeurs les plus aguerris en France, en Belgique ou aux États-Unis. Ce guide est là pour que vous entriez dans l'isoloir en sachant exactement ce que vous faites.

Une précision avant de commencer : OlimAid est strictement neutre. Nous expliquons comment le système fonctionne et qui se présente ; nous ne recommandons, ne classons et ne jugeons aucun parti.

"En Israël, l'élection ne désigne pas un gagnant : elle distribue les cartes. Le gouvernement se joue ensuite, autour d'un chiffre : 61."

Oubliez la circonscription, le député de votre ville et le duel du second tour. En Israël, le pays entier forme une seule et unique circonscription. Le jour du vote, vous ne choisissez pas une personne : vous choisissez une liste nationale (un parti ou une alliance de partis), présentée sous forme de bulletin.

Les 120 sièges de la Knesset sont ensuite répartis à la proportionnelle entre toutes les listes qui ont obtenu au moins 3,25 % des voix. Une liste qui fait 10 % des voix obtient environ 12 sièges, une liste à 25 % environ 30 sièges. À l'intérieur de chaque liste, les candidats entrent à la Knesset dans l'ordre fixé à l'avance : si un parti obtient 8 sièges, ce sont ses 8 premiers noms qui deviennent députés.

Le résultat est une Knesset qui reflète assez fidèlement la diversité du pays, mais qui est aussi très fragmentée. C'est cette fragmentation qui rend les coalitions indispensables.

France / Israël : deux façons très différentes d'élire un Parlement

Députés à élire

France (législatives)
577
Israël (Knesset)
120

Circonscriptions

France (législatives)
577 circonscriptions locales
Israël (Knesset)
Une seule : le pays entier

Pour qui vote-t-on ?

France (législatives)
Un candidat
Israël (Knesset)
Une liste (parti ou alliance)

Nombre de tours

France (législatives)
Deux tours
Israël (Knesset)
Un seul tour

Mode de calcul

France (législatives)
Majoritaire
Israël (Knesset)
Proportionnelle intégrale

Seuil pour avoir des élus

France (législatives)
12,5 % des inscrits pour le second tour
Israël (Knesset)
3,25 % des voix exprimées au niveau national

Durée du mandat

France (législatives)
5 ans
Israël (Knesset)
4 ans (souvent écourté)

Chef de l'État

France (législatives)
Élu au suffrage universel direct
Israël (Knesset)
Élu par la Knesset pour 7 ans, rôle surtout symbolique

Chef du gouvernement

France (législatives)
Nommé par le Président
Israël (Knesset)
Le député capable de réunir une majorité de 61

Deux nombres résument la mécanique des élections israéliennes.

Le premier, c'est 3,25 %. C'est le seuil électoral (Ahouz HaHasima). En dessous, une liste n'obtient aucun siège, et ses voix disparaissent du calcul : elles ne sont pas redistribuées à un parti « proche ». Ce seuil a été relevé plusieurs fois au fil de l'histoire, passant de 1 % aux débuts de l'État à 3,25 % depuis 2015, précisément pour limiter l'émiettement de la Knesset. Résultat : une liste qui franchit le seuil obtient d'emblée environ 4 sièges, alors qu'une liste qui le rate de peu repart avec zéro.

Le second, c'est 61. La majorité absolue de la Knesset. Depuis 1948, aucun parti ne l'a jamais obtenue seul. Tout gouvernement israélien est donc une coalition, et un petit parti peut devenir décisif s'il fait pencher la balance d'un côté : on parle alors de « faiseur de rois ».

Dernier détail technique qui peut faire basculer un siège : les accords de surplus (Heskem Odafim). Deux listes peuvent s'entendre pour additionner leurs voix « restantes », celles qui ne suffisent pas à un siège entier, lors du calcul des tout derniers sièges.

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Cas réel — 2022 : quand le seuil change tout

Aux élections de novembre 2022, deux listes ont terminé juste sous la barre : Meretz avec environ 3,16 % des voix, et Balad avec environ 2,9 %. Ensemble, cela représentait près de 290 000 bulletins, soit l'équivalent d'environ 7 sièges sur le papier.

Comme aucune des deux n'a franchi les 3,25 %, ces voix n'ont débouché sur aucun siège. Les 120 sièges ont été répartis entre les autres listes, ce qui a pesé sur l'équilibre entre les camps.

La leçon pour l'électeur, quelle que soit sa sensibilité : avant de voter, regardez où se situe votre liste dans les sondages par rapport au seuil. C'est une information que beaucoup d'Israéliens prennent en compte dans leur choix.

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Petit calcul — une Knesset imaginaire

Imaginons 5 000 000 de voix valides. Le seuil de 3,25 % correspond alors à 162 500 voix.

La liste « Grenade » obtient 160 000 voix (3,2 %) : elle n'a aucun député. La liste « Olivier » obtient 170 000 voix (3,4 %) : elle entre à la Knesset avec environ 4 sièges.

10 000 voix d'écart, et la différence entre zéro et quatre députés. C'est pour cela que les petits partis fusionnent si souvent à la veille des élections, et que les dernières semaines de campagne sont si nerveuses autour du seuil.

Pour comprendre les élections de 2026, un petit retour en arrière aide beaucoup. La démocratie israélienne a connu des renversements spectaculaires, une expérience institutionnelle abandonnée, et une période où l'on votait presque tous les six mois.

Les grands moments des élections israéliennes

1

1949 — Première Knesset

→Le Mapaï de David Ben Gourion domine la vie politique : la gauche travailliste dirige tous les gouvernements jusqu'en 1977.

2

1977 — Le « Mahapakh » (le grand renversement)

→Le Likoud de Menahem Begin remporte les élections : première alternance de l'histoire du pays.

3

1996 à 2001 — L'élection directe du Premier ministre

→Pendant quelques années, on vote avec deux bulletins : un pour la Knesset, un pour le Premier ministre. L'expérience est abandonnée en 2001.

4

2015 — Seuil relevé à 3,25 %

→1 % de 1949 à 1992, puis 1,5 %, puis 2 % : le seuil a été relevé par étapes pour limiter le nombre de petites listes.

5

2019 à 2022 — Cinq élections en moins de quatre ans

→Avril 2019, septembre 2019, mars 2020, mars 2021, novembre 2022 : une crise politique sans précédent, faute de majorité stable.

6

2021 — Une coalition inédite

→Le gouvernement Bennett-Lapid réunit des partis de droite, du centre, de gauche et, pour la première fois, un parti arabe : Raam.

7

2022 — 70,6 % de participation

→Benjamin Netanyahu revient au pouvoir à la tête d'une coalition de droite et de partis religieux, investie fin décembre 2022.

Les élections de 2026 arrivent au terme normal du mandat de quatre ans de la Knesset élue en 2022. Après une période marquée par la guerre, la réforme judiciaire et la question de la conscription des ultra-orthodoxes, la campagne a été particulièrement intense. À quelques jours du scrutin, les sondages ne donnent à aucun des deux grands camps les 61 sièges nécessaires, et une part importante des électeurs se dit encore indécise.

En Israël, « gauche » et « droite » renvoient d'abord aux positions sur la sécurité, le conflit israélo-palestinien et l'avenir de la Judée-Samarie (Cisjordanie), plus qu'à l'économie. D'autres clivages pèsent autant : la religion dans l'État, le service militaire des ultra-orthodoxes, le rôle de la Cour suprême. Et ces dernières années, le soutien ou l'opposition au gouvernement sortant de Benjamin Netanyahu a structuré une grande partie du débat.

Les familles ci-dessous sont présentées sans ordre de préférence. Les listes citées sont celles qui se présentent en 2026 ; les alliances bougent presque à chaque élection, vérifiez toujours la liste officielle sur le site de la Commission centrale des élections.

Ce qui la définit

Ligne ferme sur la sécurité, attachement à la souveraineté sur les territoires, en général libérale en économie.

Listes en 2026

Le Likoud (Benjamin Netanyahu), qui a dirigé la plupart des gouvernements depuis les années 2000. Israël Beitenou (Avigdor Liberman), à droite sur la sécurité mais laïque, très implanté historiquement chez les russophones, siège dans l'opposition au gouvernement sortant.

Ce qui le définit

Allie identité religieuse et nationalisme : priorité au développement des implantations en Judée-Samarie, positions parmi les plus dures sur la sécurité.

Listes en 2026

Le Sionisme religieux (Bezalel Smotrich), allié à Zehout (Moshe Feiglin), et Otzma Yehudit (Itamar Ben Gvir).

Ce qui les définit

Représentent avant tout leur communauté : statut des étudiants de yeshiva et service militaire, financement de l'éducation religieuse, place de la religion dans l'espace public. Leurs listes sont traditionnellement validées par des conseils de rabbins.

Listes en 2026

Shas (Arié Déri), surtout chez les haredim séfarades ; Yahadout HaTorah (Judaïsme unifié de la Torah), chez les haredim ashkénazes.

Ce qui le définit

Partis se présentant comme pragmatiques, souvent menés par d'anciens chefs d'état-major ou d'anciens Premiers ministres : gouvernance, égalité face au service militaire, défense des institutions.

Listes en 2026

Beyahad (alliance de Naftali Bennett et de Yaïr Lapid / Yesh Atid), Yashar (Gadi Eisenkot). Bleu Blanc (Benny Gantz) s'est retiré de la course le 19 octobre.

Ce qui la définit

Favorable à une solution négociée avec les Palestiniens, attachée à l'État social et à la séparation de la religion et de l'État.

Liste en 2026

Les Démocrates (Yaïr Golan), nés en 2024 de la fusion du Parti travailliste, héritier du Mapaï de Ben Gourion, et de Meretz.

Ce qui les définit

Représentent principalement les citoyens arabes d'Israël, avec des sensibilités très différentes entre eux.

Listes en 2026

Raam (Mansour Abbas), parti islamique conservateur, premier parti arabe à avoir rejoint une coalition en 2021. La Liste unifiée, qui réunit Hadash, Taal et Balad.

Et les autres ? Sur les 38 listes en lice, la plupart sont de petites formations qui n'ont pratiquement aucune chance d'atteindre le seuil. Vous avez parfaitement le droit de voter pour elles ; sachez simplement que, si elles restent sous 3,25 %, votre voix ne se traduira par aucun siège.

Pour vous situer, le plus efficace est de partir des sujets qui comptent pour vous, puis de regarder ce que chaque liste propose. Voici les grandes lignes de fracture de la campagne 2026.

Sécurité et conflit : la stratégie face au Hamas, au Hezbollah et à l'Iran, l'avenir de Gaza et de la Judée-Samarie. Service militaire : l'exemption des étudiants de yeshiva et la conscription des ultra-orthodoxes, un sujet qui a fait trembler la coalition sortante. Justice et institutions : les pouvoirs de la Cour suprême et la nomination des juges, au cœur de la réforme judiciaire et des manifestations massives depuis 2023.

Religion et État : transports le Shabbat, mariage civil, conversions, rôle du Rabbanout. Coût de la vie : logement, salaires, prix à la consommation. Et, plus près de vous : la reconnaissance des diplômes, les aides à l'installation, l'accès au logement pour les nouveaux immigrants, sur lesquels plusieurs listes font des propositions spécifiques.

La réponse courte : si vous êtes devenu citoyen israélien avec la Loi du Retour (le cas de l'immense majorité des Olim), vous avez exactement les mêmes droits électoraux que n'importe quel Israélien. Pas de délai de résidence, pas d'examen, pas de démarche spéciale.

Trois conditions doivent être réunies : être citoyen israélien, avoir 18 ans le jour du scrutin, et figurer au registre électoral. C'est ce dernier point qui piège les tout derniers arrivés : le registre est arrêté plusieurs semaines avant l'élection. Pour le scrutin du 27 octobre, il fallait être enregistré comme citoyen au début du mois de septembre 2026.

Deuxième règle à connaître absolument : il n'existe pas de vote depuis l'étranger pour les citoyens ordinaires. Ni consulat, ni correspondance, ni procuration. Sur les quelque 7,3 millions d'électeurs inscrits, environ 810 000 vivent hors d'Israël : pour voter, ils doivent être physiquement dans le pays le jour J. Si vous avez fait votre Alya mais passez quelques semaines en France fin octobre, vous ne pourrez pas voter cette fois-ci.

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Sarah — Olah depuis mars 2026 · Netanya

Sarah a fait son Alya depuis Lyon au printemps. Elle a reçu sa Teoudat Zehout dans la foulée et son adresse est enregistrée au Misrad Hapnim depuis avril.

Elle était donc inscrite au registre bien avant septembre : elle vote le 27 octobre. Elle a reçu un avis par courrier qui indique son bureau de vote, une école à dix minutes de chez elle. Même sans cet avis, elle aurait pu le retrouver en ligne sur le site de la Commission centrale des élections. Le jour J, il lui suffira de sa Teoudat Zehout.

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Yoni — Olé depuis la mi-septembre 2026 · Ashdod

Yoni est arrivé de Marseille le 15 septembre. Il est bien citoyen israélien, mais le registre électoral était déjà arrêté à son arrivée.

Il ne vote donc pas aux législatives de 2026. Ce n'est que partie remise : il sera automatiquement inscrit pour la prochaine élection. D'ici là, rien ne l'empêche de suivre la campagne, et le jour J reste pour lui un jour de congé payé s'il est salarié.

Un piège fréquent chez les Olim : l'adresse. Votre bureau de vote dépend de l'adresse enregistrée au Misrad Hapnim, pas de celle où vous vivez réellement. Si vous avez déménagé sans faire la mise à jour avant l'arrêt du registre, vous devrez aller voter près de l'ancienne adresse, même à l'autre bout du pays. Pensez à vérifier votre bureau en ligne dès maintenant.

À ne pas confondre : les élections municipales (maires et conseils municipaux) suivent d'autres règles. Elles ont lieu en général tous les 5 ans (les dernières en février 2024), et les résidents permanents non citoyens peuvent y voter dès 17 ans.

Le jour de l'élection est férié et payé pour les salariés (certains services essentiels restent ouverts). Dans les rues, l'ambiance est particulière : des militants distribuent des tracts jusqu'aux abords des écoles, les familles profitent du congé pour une sortie, et le soir, tout le pays a les yeux rivés sur les écrans à 22h. Voici comment se passe le vote lui-même.

Voter le 27 octobre en 8 étapes

1

Vérifiez votre bureau de vote (Kalpi)

→Sur l'avis reçu par courrier ou sur le site de la Commission centrale des élections. L'avis lui-même n'est pas obligatoire.

2

Prenez une pièce d'identité israélienne avec photo

→Teoudat Zehout (même expirée), passeport israélien valide ou permis de conduire israélien valide. Le passeport français ne suffit pas.

3

Allez voter entre 7h et 22h

→Horaires de la plupart des bureaux. Dans les petites localités de moins de 350 électeurs, c'est en général de 8h à 20h.

4

Présentez-vous aux membres du bureau

→Ce sont des représentants de plusieurs partis. Ils vérifient votre identité, vous rayent de la liste et vous remettent une enveloppe vide.

5

Passez derrière le paravent

→Un présentoir contient les bulletins (Petek) de toutes les listes, chacun avec les lettres hébraïques du parti et son nom. Il y a aussi des bulletins vierges sur lesquels écrire les lettres d'une liste dont le bulletin manquerait.

6

Glissez un seul bulletin dans l'enveloppe

→Deux bulletins de listes différentes, ou un bulletin annoté, rendent votre vote nul.

7

Déposez l'enveloppe dans l'urne

→Sous le regard des membres du bureau. Votre vote est fait.

8

22h : les sondages de sortie des urnes

→Les grandes chaînes diffusent leurs premières estimations à la fermeture. Elles peuvent bouger sensiblement pendant la nuit, au fil du dépouillement.

Une enveloppe glissée dans une urne transparente
En Israël, on ne glisse pas le bulletin directement dans l'urne : il voyage dans une enveloppe.

Le conseil qui vous fera gagner du temps : repérez à l'avance les lettres hébraïques de la liste pour laquelle vous comptez voter. Derrière le paravent, vous aurez des dizaines de petits bulletins alignés, imprimés en hébreu. Avec les lettres en tête, vous trouvez le vôtre en deux secondes. La liste officielle des listes et de leurs lettres est publiée par la Commission centrale des élections.

En cas d'alerte le jour du vote, suivez les consignes du Pikoud HaOref comme d'habitude : la Commission centrale des élections a prévu des dispositions pour que le scrutin puisse se poursuivre, et les informations officielles seront diffusées en temps réel.

Le soir de l'élection, les chaînes de télévision montrent des chiffres, des graphiques et des sourires. Mais en Israël, le soir du vote ne dit pas encore qui gouvernera. Commence alors une période de négociations qui peut durer plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.

De l'urne au gouvernement : les étapes

1

Résultats officiels

→Après le décompte complet, y compris les votes des soldats et des bureaux spéciaux, la Commission publie les résultats officiels quelques jours après le scrutin.

2

Consultations du Président

→Le Président de l'État reçoit les représentants de chaque liste élue. Chacune indique quel député elle recommande pour former le gouvernement.

3

Mandat de formation

→Le Président charge le député qui a le plus de chances de réunir 61 voix. Il dispose de 28 jours, prolongeables de 14, pour négocier.

4

Accords de coalition

→Ministères, priorités législatives, budgets : tout est négocié par écrit, et les accords sont rendus publics.

5

Vote de confiance

→Le gouvernement doit obtenir la confiance de la Knesset. En cas d'échec, le mandat passe à un autre député ; si personne n'y parvient, de nouvelles élections sont convoquées.

Pour donner un ordre de grandeur : après les élections du 1er novembre 2022, le gouvernement n'a prêté serment que le 29 décembre, près de deux mois plus tard. Et le Premier ministre n'est pas forcément le chef de la liste arrivée en tête : c'est celui qui parvient à rassembler une majorité. Voilà pourquoi les Israéliens scrutent autant le soir des résultats les « blocs » que le score de chaque parti.

Mise à jour : aucun camp n'a obtenu 61 sièges. Résultats officiels, point sur les négociations, scénarios de coalition et calendrier : lisez notre article « Résultats des élections en Israël 2026 : qui a gagné et que se passe-t-il maintenant ? », en lien en bas de page.

Le soir du 27, à la radio, au bureau ou dans le groupe WhatsApp de l'immeuble, vous entendrez ces mots en boucle. Les voici décodés.

Petit lexique électoral hébreu-français

כנסת

Prononciation
Knesset
Sens
Le Parlement (120 députés)

חבר כנסת

Prononciation
Haver Knesset (HK)
Sens
Député

מנדט

Prononciation
Mandat
Sens
Un siège à la Knesset

קלפי

Prononciation
Kalpi
Sens
Le bureau de vote, ou l'urne

פתק

Prononciation
Petek
Sens
Le bulletin de vote

מעטפה

Prononciation
Maatafa
Sens
L'enveloppe

אחוז החסימה

Prononciation
Ahouz HaHasima
Sens
Le seuil électoral de 3,25 %

הסכם עודפים

Prononciation
Heskem Odafim
Sens
Accord de surplus entre deux listes

מדגם

Prononciation
Midgam
Sens
Le sondage de sortie des urnes, publié à 22h

קואליציה / אופוזיציה

Prononciation
Koalitsia / Opozitsia
Sens
Majorité / opposition

ראש הממשלה

Prononciation
Rosh HaMemshala
Sens
Le Premier ministre

ועדת הבחירות המרכזית

Prononciation
Vaadat HaBehirot HaMerkazit
Sens
La Commission centrale des élections

1. Partez des sujets, pas des visages. Notez les deux ou trois questions qui comptent le plus pour vous (logement, sécurité, religion et État, reconnaissance des diplômes…) et comparez les positions des listes sur ces points précis.

2. Lisez les programmes à la source. Sur les sites des partis eux-mêmes, plutôt que ce que leurs adversaires en disent. Plusieurs listes publient des contenus en anglais, parfois en français ou en russe.

3. Variez vos médias. Quand on ne lit pas encore bien l'hébreu, on risque de s'informer par un seul canal. La presse israélienne couvre tout le spectre politique, et plusieurs titres publient en anglais ou en français.

4. Regardez les sondages avec recul. Une moyenne de plusieurs instituts vaut mieux qu'un chiffre isolé, surtout pour les listes proches du seuil, où la marge d'erreur est décisive.

5. Méfiez-vous des messages viraux. En période électorale, de fausses informations circulent sur WhatsApp : faux horaires, faux changements de bureau, fausses consignes. Seul le site de la Commission centrale des élections fait foi.

Je n'ai pas reçu mon avis de vote par courrier, puis-je voter ?

Oui. L'avis n'est qu'une information pratique. Seule compte votre inscription au registre, et votre pièce d'identité israélienne avec photo.

Puis-je voter avec mon passeport français ?

Non. Il faut un document israélien : Teoudat Zehout, passeport israélien ou permis de conduire israélien.

Mon employeur peut-il m'obliger à travailler ?

Le jour de l'élection est un jour de congé payé pour la grande majorité des salariés. Certains services essentiels continuent de fonctionner ; si vous y travaillez, renseignez-vous auprès de votre employeur sur les conditions applicables.

Voter blanc, ça existe ?

Il n'existe pas de bulletin « blanc » comptabilisé comme tel. Un bulletin vierge sans lettres, ou une enveloppe vide, est un vote nul.

Mon vote est-il vraiment secret ?

Oui. Vous choisissez seul derrière le paravent, et le bulletin est glissé dans une enveloppe fermée. Les membres du bureau ne voient que l'enveloppe.

Je suis soldat ou je fais mon service, comment je vote ?

Des bureaux de vote sont installés sur les bases. Les soldats votent selon une procédure spécifique, avec une double enveloppe, et ces votes sont comptés après ceux des bureaux ordinaires.

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